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20 juillet 2020

Les répercussions de « l’après COVID-19 »

Le pic de la crise semble plus loin derrière nous. La vie reprend de plus en plus son rythme d’avant. La routine des matins pressés recommence et les maisons redeviennent silencieuses durant le jour. L’arrêt forcé des derniers mois est terminé et tout ce que l’on désire est d’enfin ressortir de la maison et d’oublier cette interruption obligée qui commençait à nous ennuyer.

Mais attendez… Avez-vous pensé quelques minutes à la manière dont votre animal vit ce retour à la normale ? Vous savez, lui qui a été auprès de vous comme il ne l’a jamais été au cours des derniers mois…. Il se peut également que votre animal soit justement avec vous depuis ce fameux COVID et soit un heureux adopté du « Boom COVID » !

Les animaux sont hypersensibles à notre routine. Leur intelligence fonctionne par de nombreux liens et associations qu’ils effectuent à travers nos séquences comportementales. Ils font faire pipi où vous souhaitez, non pas parce que c’est mal de le faire sur le tapis, mais seulement parce que la récompense accompagne le pipi au bon endroit. Les animaux sont de fins observateurs et savent même prévoir mieux que nous le continuum des événements.

Le retour au travail peut en avoir surpris plus d’un…Et je parle surtout des chiens. S’ils n’ont pas été préparés à se retrouver seuls pour la première fois ou de nouveau en mode solitaire pour plusieurs heures d’affilée, ils peuvent développer un niveau d’anxiété et de stress reliés à un inconfort de séparation brusque.  C’est une profonde blessure émotive qui les atteint viscéralement. Ils croient être abandonnés, exclut du groupe et se retrouvent donc vulnérables et insécurisés.

Comment identifie-t-on un chien atteint d’anxiété de séparation? De multiples manifestations peuvent se présenter: vocalisations excessives, destruction de certains objets dans la maison, refus de s’alimenter, malpropreté, halètements incessants et gémissements, incapacité à s’apaiser ou dormir, hyperactivité et développement de TOC (ex: léchage compulsif, automutilation).

Lorsque votre animal vit cela, il souffre mentalement. Il ne faut surtout pas renier son attitude et penser que « ça va passer »… Non, cela ne passera pas et pire, s’aggravera.

Une prise en charge comportementale mais aussi médicamenteuse sera requise. C’est maladie mentale sérieuse qui lorsqu’elle est ignorée peut en venir à un point tel que les gens euthanasient ou abandonnent leur animal dans un refuge. Et ce pauvre chien, pensez- y, qui avait justement une incapacité à vivre sans son maître et qui avait une peur bleue de le perdre est condamné à vivre exactement son pire cauchemar!
Adopter un 2e chien pour divertir le premier n’est pas non plus une solution. Parce que par moment, l’animal malade peut en venir à devenir agressif ou dominateur avec son copain.  On accumule alors les problèmes…

Si vous croyez que votre animal a des symptômes ressemblant à cette condition, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire sans tarder. Il saura vous conseiller et vous diriger vers les bonnes ressources afin que tous, nous vivions notre retour à la normale dans la plus grande positivité.

Dre Valérie Desjardins, m.v.