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11 avril 2020

Tout le monde en parle !!!

Être une profession essentielle en ces temps si irréels est très exigent. Le fait de côtoyer l’animal et non l’humain peut paraître moins risqué aux yeux de certains, mais il n’en est rien. Notre premier souci est avant tout de respecter les mesures de santé publique, mais aussi de se protéger nous-mêmes tout en continuant d’offrir un service vétérinaire d’urgence. À ce jour, nous savons que l’animal peut être un vecteur du coronavirus par la persistance de particules virales pendant quelques heures sur son pelage. Donc, le personnel vétérinaire s’expose à tous les jours au risque de contagion en manipulant un animal, même sans le propriétaire.
L’animal qui demeure dans le même logement qu’un humain contaminé aura donc à suivre les mêmes règles vigoureuses de quarantaine. C’est-à-dire :
-Rester le plus souvent possible dans la maison;
-Sortir toujours en laisse et garder une distanciation avec les autres humains et chiens;
-Ramasser immédiatement les matières fécales avec des gants de plastique;
-Nettoyer avec un savon doux les pattes de l’animal dès son retour à la maison et faire des bains plus fréquents si on le souille en éternuant ou en toussant sur lui;
-Se laver les mains après avoir manipulé les gamelles ou flatté son pelage;
-Éviter les bizous et le léchage du visage ou des mains;
-Avertir son vétérinaire de son statut de COVID-19 + dans le cas échéant où il a besoin d’être examiné durant votre infection

Là où la science ne sait pas encore : peut-on croire que l’animal peut contracter le COVID-19 d’un humain contaminé et le retransmettre à un autre humain ou à un de ses semblables?
Il est important de faire une différence entre le simple fait de détecter des particules virales sur ou dans un animal (sécrétions nasales, fèces) sans qu’il en soit affecté et le fait d’être un hôte favorable et vulnérable au virus qui lui permet d’effectuer sa réplication dans nos cellules, d’activer notre réponse immunitaire et d’excréter ensuite les nouvelles particules virales actives dans l’environnement qui amène contagion (virémie).
Une chose est sûre, la résistance à éviter la virémie semble variable selon les espèces. Les propriétaires de furets auront à être les plus prudents car ils sont les plus sensibles à ce virus (il existe beaucoup de similarité au niveau des récepteurs pulmonaires entre le furet et l’homme). Les furets peuvent être virémiques suite à un contact avec un humain contaminé et ils semblent en mesure selon certaines études récentes de le transmettre à un autre furet. D’autres espèces telles que les chats et les chiens peuvent aussi accumuler pendant un certain temps des particules virales dans leur organisme, mais jusqu’à maintenant semblent peu enclin à être atteints. Les études actuelles n’ont pas démontré pas de preuves claires qu’ils pourraient ensuite infecter l’humain. Et très récemment, les équins et les camélidés (lamas et alpagas) semblent être totalement résistants à ce virus et semble être même capables de produire des anticorps de manière très rapide pour neutraliser cette infection. Mais bon, tout cela est nouveau et à chaque jour, nous en apprenons davantage sur la COVID-19.

Mêmes si les vétérinaires ne se battent aux premières lignes pour affronter ce virus, ils offrent une expertise médicale unique en analysant les différentes réponses immunitaires que les animaux démontrent face à ce pathogène. Grâce aux animaux, nous pourrons en apprendre davantage et faire avancer les connaissances. Que ce soit en prenant par exemple des furets pour des essais vaccinaux ou en récoltant le plasma purifié d’un équin pour bâtir une immunité universelle, les vétérinaires travailleront sans relâche pour aider l’humain à combattre ce fléau.

Dre Valérie Desjardins. m.v.