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1 septembre 2011

Acuponcture : Des aiguilles qui font du bien

Depuis quelques années, une nouvelle tendance se dessine en Amérique du Nord en ce qui a trait aux soins médicaux prodigués aux humains et aux animaux. Les médecines douces ou homéopathiques sont sans contredit de plus en plus populaires et se fraient un chemin prépondérant entre les différentes options thérapeutiques conventionnelles. Les philosophies évoluent, les principes thérapeutiques ancestraux sont contestés et remis en question. On s’intéresse davantage à la prévention, au détriment de la cure. Les traitements invasifs et prolongés sont de plus en plus rejetés et on veut à tout prix éviter l’acharnement et la douleur. Heureusement, les progrès médicaux ont permis d’offrir une meilleure qualité de soins et d’avenues thérapeutiques possibles.

Depuis longtemps, l’acupuncture est reconnue pour posséder des effets sédatifs et apaisants contre la douleur. Cependant, ses effets bénéfiques ne se limitent pas à cela; elle gère également plusieurs troubles fonctionnels et lésionnels. Nos voisins européens l’ont compris bien vite. Un grand nombre de vétérinaires ont suivis une formation complémentaire à leur Doctorat. Cette dernière est axée sur les approches dites « holistiques »; offrant en outre la liberté d’adresser un problème médical d’une manière traditionnelle ou non.

Avant d’être une thérapie, l’acupuncture aide au diagnostic. En médecine vétérinaire principalement (car notre patient ne parle pas..), cette approche est intéressante car elle permet de localiser et graduer la sensibilité du malade. Le praticien effectue des touchers et des palpations selon un ordre précis. Il identifie les zones problématiques et peut ensuite les traiter par l’introduction d’aiguilles.

Malheureusement, une difficulté se présente en médecine vétérinaire: on ne connaît pas préalablement la tolérance et la patience d’un animal par rapport à la mise en place d’aiguilles sans bouger pendant plusieurs minutes. En conséquence, le vétérinaire a différentes options de traitement. Il peut injecter de minuscules quantités de vitamine B au site choisi pour l’introduction de l’aiguille. La vitamine B s’absorbe lentement dans les tissus et mime donc l’effet temporaire d’une aiguille piquée dans la peau. Si l’animal est coopératif, il peut alors utiliser des moxas. Ce sont de petites aiguilles d’armoise séchée qui apportent une sensation de chaleur en se consumant. Sans entrer dans les détails, chaque organe possède son méridien. Ce dernier se définit comme un courant d’énergie qui veille au bon fonctionnement des différents parties du corps. Le méridien n’est pas situé automatiquement près de l’organe malade. Il ne faut donc pas se surprendre si votre chien se fait piquer sur la tête pour assouvir une douleur d’ostéoarthrose au bassin….

L’acupuncture peut être un traitement de première intention, complémentaire au traitement principal ou alternative à une thérapie standard infructueuse, lourde ou inadaptée. Par exemple, chez le chien et le chat, elle est surtout utile dans le traitement des troubles neurologiques et musculo-squelettiques (hernie discale, arthrose généralisée). Le vétérinaire acupuncteur doit savoir accompagner le patient et le client dans la prise en charge de la maladie. Il doit évaluer si l’acupuncture est bénéfique dans ce cas particulier et déterminer à quel moment et de quelle manière l’intégrer à la thérapie choisie.

En résumé, l’acupuncture est une avenue thérapeutique intéressante pour amoindrir certains maux et améliorer des dysfonctions précises. Toutefois, ses utilités sont limitées et justifient préalablement la recommandation d’un spécialiste animal. Ses vertus non-exclusives lui permettent de combler le vide existant entre la médecine et la chirurgie. Associée à des traitements déjà en place, elle offre une approche  plus globale du cas. Nos patients à quatre pattes n’en seront que plus choyés….

Comme dirait mon paternel : « Voilà une corde de plus à ton arc ! »

Dre Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost