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1 août 2011

Prévention et lutte des maladies transmises par les tiques

Prévention et lutte des maladies transmises par les tiques

Aujourd’hui, le but de ma chronique ne concerne pas directement la maladie de Lyme (borreliose). Nul ne conteste à ce jour l’importance de cette infection bactérienne sérieuse qui prend de plus en plus d’ampleur dans nos régions nordiques. Comme vous le savez déjà, la coupable de l’émergence de cette maladie est une tique de l’espèce Ixodes scapularis. Cette dernière peut maintenant vivre et nouvellement se reproduire dans nos climats froids. Par ses piqûres, elle a le pouvoir de transmettre une bactérie (Borrelia Burgdorferi) qui affecte le chien et l’humain. En raison de sa gravité mortelle et des possibles séquelles chroniques, la Santé publique octroie de grands efforts informatifs pour prévenir cette maladie chez nos animaux et dans la population humaine.

Malheureusement, d’autres espèces de tiques peuvent être aussi dangereuses pour les animaux et les humains. Anciennement qualifiées de maladies exotiques, elles sont maintenant en émergence accélérée en Amérique du Nord. Le réchauffement climatique favorise l’établissement de populations de tiques dans des zones autrefois exemptes. C’est le cas de l’espèce Rhipicephalus sanguineus. Cette tique peut infester l’environnement extérieur s’il fait chaud, mais attention, elle peut également vivre dans les maisons et les chenils et y persister pendant des années si des chiens s’y retrouvent. Ce parasite est un vecteur de plusieurs maladies sévères pouvant demander des soins particuliers en milieu hospitalier. Elle est responsable de la transmission de l’ehrlichiose. En voyageant dans les pays chauds ou si vous visitez les États Unis, vous pouvez rapporter sans le savoir ces petits indésirables dans vos valises! Tout propriétaire de chien qui trouve des tiques sur son animal doit être au courant qu’il existe un risque d’exposition pour lui-même et les membres de sa famille, même si aucune morsure n’est détectée sur eux. Bien souvent, les humains se font piquer par une nymphe (bébé tique) qui est minuscule et très discrète. Ce n’est que plusieurs jours plus tard qu’une rougeur peut être visible sur la peau. On ne connaît pas précisément la durée « d’ancrage » nécessaire à la transmission des agents pathogènes transmis par les tiques. Cependant, il est toujours important de ne pas négliger une piqûre de tique. Gardez en tête que ce n’est pas lors de toute piqûre qu’une maladie sera transmise, mais que la prévention demeure notre meilleure clef pour éviter une complication. Il existe de bons répulsifs sécuritaires, agissant à long terme sur nos chiens qui peuvent être administrés en voyage ou en période de canicule. N’hésitez pas à le demander à votre vétérinaire.

Dre Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost