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1 octobre 2011

La cruauté animale; une réalité offusquante!

C’est à l’émission  Enquête (Radio-Canada) au printemps dernier, que tout le Québec s’indignait de la manière dont certaines personnes mettaient fin aux jours d’animaux abandonnés au refuge « Le Berger blanc ». Des pratiques abominables, cruelles, souffrantes et invariablement irrespectueuses des grands principes d’euthanasie reconnus par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ). Ce dernier, au moment de la diffusion de l’émission réalisait une enquête interne sur les pratiques en cours dans cet établissement. Conformément au Code des professions du Québec, l’OMVQ n’était pas autorisé à discuter publiquement de ce dossier puisque celui-ci était soumis au syndic de l’Ordre, cependant le président de l’OMVQ (Dr. Joël Bergeron) a bien voulu commenter l’indignation de la profession à l’égard de ces actes illégaux et cruels.

L’euthanasie est un acte médical exclusif aux médecins vétérinaires. Donner la mort revêt de grandes responsabilités professionnelles et doit être réalisé de manière à respecter les normes de pratique vétérinaire. C’est -à -dire :

– favoriser une perte de conscience rapide;

– minimiser les stress au maximum;

– s’assurer du bien-être de l’animal, agir avec douceur et compréhension;

– choisir une méthode d’intervention sans induire de douleur;

– constater le décès rapidement et disposer de la dépouille de manière respectueuse.

Il est de notre responsabilité en tant que citoyen conscientisé de dénoncer les actes et situations qui pourraient être une source de cruauté animale. Il est insensé de remettre complètement la gestion de nos animaux dans les mains des hauts dirigeants. Il est vrai que ce sont eux qui possèdent les pouvoirs législatifs, mais il est faux de croire que nous ne pouvons pas changer les choses à plus petite échelle.

Il est temps que les québécois se mobilisent et agissent afin d’éviter que d’autres activités de ce genre se répètent. Il est temps que tous les nouveaux et actuels propriétaires d’animaux constatent ce que « posséder un animal » implique. Si tous et chacun s’informait sur les besoins, les coûts et les exigences préalablement à l’acquisition d’un animal, beaucoup moins de bêtes seraient abandonnées et euthanasiées chaque année. Présentement, les refuges sont en crise et les SPCA sont pleines à craquer. Les gens qui tiennent les rênes de ces établissements ont une charge de travail colossale et tentent du mieux qu’ils le peuvent à remplir leur mandat. Il est plus que temps que l’on cesse de traiter nos animaux comme de vulgaires pantoufles et que l’on s’en débarrassent à la première occasion.  Si chacun assumait ses responsabilités convenablement, il serait vrai de croire que les refuges seraient moins débordés et pourraient investir davantage dans le choix judicieux et la formation de leurs nouveaux employés.

Dre Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost